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    Samedi 19 avril 2008



    Voilà à quoi ressemble ce blog aux couleurs du monde :

    [!] | stratosƒeres | - localisation : moyen-orient


    j'aurais pu croire
    (5min)

    « Splendeur perdue de la civilisation musulmane.

    [...] Bernard Lewis souligne que la civilisation musulmane, des années 800 aux années 1800, grossièrement, a connu mille ans de gloire, de domination et de certitude. Ses qualités militaires lui permirent de conquérir, dès le VIIè siècle la Syrie, l'Égypte et l'Afrique du Nord, au Ixè la Sicile et l'Espagne, avant que son pouvoir ne s'étende vers l'Asie, la Russie, l'Europe orientale, se stabilisant dans l'Empire ottoman, immense et longtemps invincible. De génération en génération, les musulmans de ce temps de grandeur n'ont pas seulement pensé que leur religion intégrait et dépassait les versions anciennes du monothéisme auxquelles juifs et chrétiens demeuraient attachés en vain. Ils ont constaté les succès – militaires, commerciaux, politiques, scientifiques, culturels... - que l'Islam était alors en mesure de conjuguer et de renforcer. Celui-ci avait crée, dit Bernard Lewis, « une civilisation mondiale, pluriethnique, multiraciale, internationale et l'on pourrait même dire transcontinentale ».
    [...] Une puissance qui rend faible. Ce monde solidement établi, prospère, bien plus tolérant envers les minorités et les étrangers que ne l'était à la même période la chrétienté, était aussi un espace clos, enfermé dans la conviction de sa suprématie, pratiquement sans relations avec l'extérieur. Des sciences, héritées des Grecs et perfectionnées par des lignées d'astronomes, de médecins, de philosophes, on pensait avoir fait le tour. Des barbares du Nord, chrétiens arriérés et frustes, on n'avait rien à attendre ni à craindre. Les croisades avaient été repoussées. La bataille de Lépante, en 1571, dont on fit grand cas en Europe, était certes une défaite, mais n'avait pratiquement rien changé au cours de l'histoire. [...]
    [...] Les musulmans ne voyageaient presque pas vers l'Occident : vivre en terre infidèle leur était fortement déconseillé. Les sultans n'entretenaient pas d'ambassades fixes auprès des souverains étrangers. Des émissaires étaient envoyés pour une mission précise, rien de plus. Aucun savant n'étudiait les langues, les textes, les moeurs de l'Europe. Celle-ci comptait déjà bon nombre d'orientalistes. L'Empire ottoman n'avait pas d' « occidentalistes ».
    L'ouverture de l'Empire à la modernité occidentale fut longtemps retardée par sa certitude de lui être supérieure. Que des infidèles pussent mieux faire que les disciples de Mahomet avait quelque chose de choquant. Lorsqu'il apparut de manière éclatante que l'industrie, les sciences, les transports, les finances, les techniques, les arts, même, avaient changé de vitesse en Occident, il fallut envisager de se mettre à l'école des infidèles, situation jusqu'alors inconcevable.
    [...] On découvre ainsi la frontière entre la modernisation, qui fait apparaître à côté des objets techniques de nouveaux métiers (journaliste, avocat) mais n'entamerait pas l'identité fondamentale de l'Islam, et l'occidentalisation, qui menacerait de faire disparaître l'essentiel. Ce n'est pas un hasard si le statut des femmes est ce qui change le moins : il définit la limite que l'univers ancien ne peut franchir sans cesser d'être lui-même.
    [...] Quels que soient les arguments et les invectives, on ne saurait donner tort à Bernard Lewis quand il décrit les deux voies possibles qui s'offrent aujourd'hui au monde islamique. La première est le retour aux origines pures et dures de l'Islam contre une modernité jugée corruptrice. Le mal serait venu de l'abandon des règles coraniques les plus strictes. En les restaurant, on l'effacerait. Plus de charia, moins de maux... la seconde solution possible passe par la constitution effective d'États laïques, démocratiques, travaillant à l'égalité des sexes. Ce fut le chemin suivi en Turquie, au Xxè siècle, par Atatürk, devenu la bête noire des islamistes. »
     




    par Roger-Pol Droit, dans Le Monde 2, numéro 23, novembre 2002, p.164-166.

    "Combien de fois l'homme en colère nie-t-il avec rage ce que lui souffle son moi intérieur ?"

    Extrait de Les dits de Muad'Dib, par la Princesse Irulan.
    ~ Frank Herbert, Dune 


    chroniques-du-monde
     
     

    "Sderot et Gaza : deux adolescents témoignent.
    Quelques kilomètres à peine séparent la ville israélienne du territoire palestinien. Deux mondes différents qui vivent dans la même peur, comme le prouvent les témoignages receuillis par le quotidien israélien Maariv.

    Vu de Gaza – Mais où trouver du pain et de l'eau ?


    La vie est dure à Gaza. Il n'y a plus d'essence, le prix de la farine est aussi élevé que celui de l'héroïne. Et le lait, les médicaments, l'eau, même l'air sont hors de prix. C'est quelque chose qu'un ami avait annoncé et, pour dire la vérité, je n'avais pas voulu le croire. Quelques mois plus tôt, un autre proche de ma famille disait que tous les terminaux et les points de passage vers le monde extérieur allaient bientôt se refermer sur nous, et je n'avais pas non plus le croire. Un troisième ami avait dit que tout ce que l'on pourrait acheter pour les fêtes, ce seraient des bougies et des arbres pour se chauffer, si on en trouvait encore. Et ça non plus, je ne voulais pas le croire. Maintenant, en sommes-nous arrivés là ?
    Aujourd'hui, je ne sors plus de chez moi parce que je n'aime pas jouer avec ma vie. Tout ce que ces trois personnes avaient prédit est devenu réalité. Un voisin vient de vendre son lit pour pouvoir acheter de quoi manger pour lui et ses enfants. Une fille que je connais ne va plus à l'école. Elle dort la journée parce qu'elle a peur de la nuit noire.
    [...]
    À Gaza, les prix des aliments sont devenus impossibles. La miche de pain ne cesse d'augmenter, mais son poids diminue d'autant. C'est aussi le cas du bidon d'essence ou de la bonbonne de gaz. Dieu m'est témoin, on trouve de moins en moins de quoi se nourrir et la seule chose qu'on trouve encore en abondance, ce sont des gens au bord de la crise de nerfs. Ma grand-mère risque de mourir à tout moment parce que les rayons de pharmacie sont vides. Quant à la solidarité et à l'entraide, elles sont en train de disparaître. Les enfants de Gaza ne se plaignent pas spécialement qu'il n'y ait plus de chocolat ni de Coca-Cola. Ils se contenteraient largement de pain et d'eau. Mais où trouver du pain et de l'eau ?
    [...] C'est ça, Gaza. Nous ne sommes plus qu'une goutte d'eau dans la mer. Jusqu'à quand va-t-on mener cette vie ?

    Chadi Abdelaziz, 15 ans."

    Par le Maariv, quotidien de Tel-Aviv, extrait traduit par Courrier International pour son numéro 909 (3-9 avril 2008)

     

    en héritage
    (6min)

    « Sderot et Gaza : deux adolescents témoignent.
    Quelques kilomètres à peine séparent la ville israélienne du territoire palestinien. Deux mondes différents qui vivent dans la même peur, comme le prouvent les témoignages receuillis par le quotidien israélien Maariv.


    Vu de Sderot - Je ne souhaite à personne de vivre ici

    Quand je sors dans la rue, la seule chose à laquelle je pense, c'est où je pourrais bien me cacher lorsque les sirènes d'alarme retentiront. Je suis incapable de penser à autre chose. Chaque jour, la ville est frappée de plein fouet par des salves de Qassam [roquettes palestiniennes lancées depuis Gaza]. Et qu'on en reçoive trente ou une seule ne change rien à l'affaire. [...]
    Je me rappelle, quand j''étais petit, avant que les Qassam ne se mettent à pleuvoir, les rues étaient bondées, surtout le week-end. Aujourd'hui, Sderot est une ville fantôme. Le week-end, les rues sont vide. Depuis le début des tirs de roquettes, beaucoup de gens ont quitté la ville [on estime que 2500 des 20 000 habitants ont fui Sderot ces douze derniers mois]. C'est sans doute ce que les Palestiniens espèrent obtenir : que toute la ville se vide de ses habitants. [...]
    Malgré tout, petit à petit, les Qassam deviennent de la routine. Pendant ce temps, notre Premier Ministre ne fait rien qui puisse nous aider. Parfois, j'ai l'impression que Sderot, ne fait tout simplement pas partie d'Israël ou qu'on nous a peut-être oubliés. Le gouvernement se contrefiche de ce qui nous arrive. Les ministres parlent beaucoup mais ne font rien. C'est bien beau de les voir venir ici pour nous encourager et soutenir les enfants de Sderot, mais je me demande franchement à quoi ça sert.
    Pourtant, si on me propose demain de quitter Sderot, je n'accepterai pas. C'est ici que je suis né et que j'ai grandi. [...]
    J'aime ma ville et, malgré les Qassam, je m'efforce de continuer à jouer au basket-ball, au football et au tennis. Je sors même avec des copains. [...] Bon, c'est sûr que nous préférerions vivre comme tous les autres enfants, mais la vie est ainsi faite. Maintenant, je voudrais dire quelque chose à ceux qui veulent nous aider financièrement. Ne le faîtes surtout pas. L'argent n'arrive pas aux habitants. »

    Alex Stiris, 16 ans."

    Par le Maariv, quotidien de Tel-Aviv, extrait traduit par Courrier International pour son numéro 909 (3-9 avril 2008)

     

    problème n°1: comment faciliter l'intégration des jeunes, qui ont évolué dans l'abandon le désespoir et la violence, dans la société ?
    localisation: Bychory, Kolin, Česká Republika
    solution: le centre de Bychory
    origine de la solution:

    « Bychory, la pension de tous les espoirs

    Le vaste bâtiment blanc, le complexe sportif et les écuries sont plongés dans un épais silence. Soudain, le retentissement d'une sonnerie dérange cette ambiance de château endormi. Les salles de jeux, les chambres, la salle à manger, le studio d'enregistrement, les salles informatiques comme les ateliers de peinture, de poterie et de menuiserie s'animent subitement. C'est l'heure de la récréation. Un petit groupe de filles et de garçons se pressent autour d'un gaillard de 44 ans qui passe dans le couloir ; pendus à ses basques, ils lui relatent frénétiquement les évènements de la matinée. Nous sommes dans un centre pour ados en difficulté de la commune de Bychory, près de Kolin [à l'est de Prague, dans le centre du pays], et la popularité qui entoure son directeur, Ales Bures, n'a pas l'air feinte. Cela malgré le fait que ce centre n'est pas épargné par les critiques qui visent pratiquement tout le système de protection de l'enfance en République tchèque. Les enfants qui ont passé des années dans ces établissements d'Etat n'ont aucune perspective de réussite : des statistiques récentes révèlent que la moitié des jeunes pensionnaires des orphelinats tchèques finissent entre les murs d'une prison. Alors, en ce qui concerne le centre de Bychory, ne parlons pas immédiatement d'un coup de foudre, mais d'une preuve qu'au milieu de cette impitoyable machine on peut créer un monde inspiré.
    [...] Mais peu importe ce qui les amenés ici. Ce à quoi le directeur tient par dessus tout, c'est que ces enfants se retrouvent dans un environnement de créativité. Bures sait de quoi il parle : il a lui-même été formé à l'école de la vie.
    [...] « Les enfants du centre connaissent mon histoire. Puisque, d'une certaine façon, eux aussi sont exclus de la société, ils sentent intuitivement que je sais de quoi je parle quand je les pousse à ne pas tomber pour cela dans le désespoir ou la violence. Je leur dis souvent que, pour y arriver, il faut de la volonté. »
    [...] Pour
    Ales Bures, le sens de son travail est clair. « Nous devons préparer les enfants pour le jour où ils partiront d'ici », affirme t-il, rappelant les problèmes notoires de l'assistanat. « L'échec relatif de nombreux centres réside dans le fait qu'ils créent autour des enfants une bulle de protection. Quand elle éclate, la crise est là, car une personne dotée d'une histoire traumatique et élevée cette façon ne sait plus comment avancer sans soutien. » Un des moyens d'apprendre aux jeunes le contact avec le « monde normal » est l'apprentissage de la gestion de l'argent. Les enfants du centre reçoivent de l'argent de poche, ils participent seuls à certaines sorties extrascolaires et doivent, à cette occasion, établir, puis respecter le budget de la journée. »


    par Jaroslav Formanek, publié dans Reflex [quotidien de Prague], et traduit ensuite par Courrier International, pour l'édition n°909 du 3-9 avril 2008, p.22.

    µrochąiŋ ąrrêT: dilemme du prisonnier

    la chroniQue '[rev]O[lutions]'

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    sur les traces...
    (5min)

    COULEUR BLEUE : Longtemps la couleur bleue a été déconsidérée. Les Grecs de l'Antiquité estimaient que le bleu n'était pas une vraie couleur. N'étaient perçus comme telles que le blanc, le noir, le jaune et le rouge. Il existait de surcroît un problème technique de colorant : les teinturiers et les peintres ne savaient pas fixer le bleu.
    Seule l'Égypte des pharaons considérait le bleu comme la couleur de l'au-delà. Ils fabriquaient cette teinte à base de cuivre. Dans la Rome antique, le bleu est la couleur des barbares. Peut-être parce que les Germains s'enduisaient le visage d'une poudre gris-bleu pour se donner un aspect fantomatique. En latin ou en grec le mot bleu n'est pas clairement défini, souvent assimilé au gris ou au vert. Le mot bleu lui-même sera donc issu du germanique « blau ». Pour les Romains une femme aux yeux bleus était forcément vulgaire et un homme aux yeux bleus brutal et stupide.
    Dans la Bible, la couleur bleue est rarement évoquée mais le saphir, pierre précieuse bleue, est la plus estimée.
    Le mépris du bleu perdure en Occident jusqu'au Moyen-Âge. Plus le rouge est vif, plus il est signe de richesse. Le rouge se retrouve donc dans les vêtements des prêtres, et notamment du pape et des cardinaux.
    Renversement de tendance : au XIIIe siècle, grâce à l'azurite, au cobalt et à l'indigo les artistes arrivent enfin à fixer le bleu. Cela devient la couleur de la Vierge. Elle est représentée avec un manteau bleu ou une robe bleue soit parce que la Vierge habite le ciel soit parce que le bleu était considéré comme un sous-noir, couleur du deuil.
    À cette époque les ciels sont peints en bleu alors qu'auparavant ils étaient noirs ou blancs. La mer qui était verte vire elle aussi au bleu dans les gravures.
    Sur un coup de mode, le bleu devient une couleur aristocratique, et les teinturiers la suivent. Ils rivalisent dans l'art de concocter des tonalités de bleu de plus en plus diversifiées.
    La « guède », plante utilisée pour confectionner le bleu, est cultivée en Toscane, en Picardie ou dans la région toulousaine. Des provinces entières se mettent à prospérer grâce à l'industrie du colorant bleu. La cathédrale d'Amiens a été bâtie avec les contributions des marchands de guède alors qu'à Strasbourg les marchands de garance, plante qui donne la couleur rouge, peinaient à financer leur cathédrale. Du coup les vitraux des cathédrales alsaciennes représentent systématiquement le diable en... bleu. On assiste dès lors à une véritable guerre culturelle entre les régions qui aiment le bleu et celles qui aiment le rouge.
    Lors de la réforme protestante, Calvin annonce qu'il y a des couleurs « honnêtes » : le noir, le brun, le bleu. Et des couleurs « malhonnêtes » : le rouge, l'orange, le jaune.
    En 1720, un pharmacien de Berlin invente le bleu de Prusse, qui permettra aux teinturiers de diversifier encore les tonalités de bleu. L'amélioration de la navigation permet de bénéficier de l'indigo des Antilles et d'Amérique centrale dont le pouvoir colorant est plus fort que celui du pastel.
    La politique s'en mêle : en France le bleu devient la couleur des révoltés républicains s'opposant au blanc des monarchistes et au noir des partis catholiques.
    Plus tard le bleu républicain s'oppose au rouge des socialistes et des communistes.
    En 1850, un vêtement lui donne ses dernières lettres de noblesse, c'est le jean, inventé par un tailleur, Levi-Strauss, à San Francisco.
    Actuellement, en France, la grande majorité des gens interrogés citent le bleu comme leur couleur préférée. En Europe, l'Espagne est le seul pays à préférer le rouge.
    Seul domaine où le bleu n'arrive pas à percer : la nourriture. Les yaourts en pots bleu se vendent moins bien que ceux en pots blancs ou rouges. Il n'y a pratiquement aucun aliment de couleur bleue.

    ~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~

    par jérémiah publié dans : histoire communauté 


    combałs | - peuple et localisation : san, kalahari desert, botswana

    save me
    (5min)


    « Les Bochimans toujours interdits de séjour sur leurs terres. »

    extraits d'un article paru dans Courrier International n°898 et tiré du quotidien « The Guardian », à Londres.

    « M'étant rendue à plusieurs reprises dans la réserve du Kalahari central, au Botswana, je peux voir la différence entre le mode de vie indépendant que les Bochimans (1) menaient autrefois et celui qu'ils ont aujourd'hui. En plusieurs vagues d'expulsion, échelonnées entre 1997 et 2002, le gouvernement les a chassé s de leurs terres ancestrales et placés dans des camps. [...]
    Même si le Kalahari est aride et inhospitalier, la région est d'une grande beauté. L'horizon est dégagé, et, la nuit, on peut voir les constellations les plus fabuleuses, qui ont toutes un nom dans la langue des Bochimans. C'est aussi le lieu où reposent leurs ancètres, ce qui revêt une très grande importance à leurs yeux. Autour des camps, il n'y a pas de vie sauvage : les terrains ayant été entièrement rasés, il ne reste plus rien. Les San (2) vivent dans de véritables camps de concentration, où sont entassés des milliers de personnes. Une femme de ma connaissance, qui est chamane, m'a expliqué qu'elle ne pouvait plus pratiquer les danses rituelles, car elle se trouve si loin des terres où résident les esprits de ses ancètres, qu'il lui est impossible d'entrer en communication avec eux.
    [...] Les ayant vus mener une vie autonome et heureuse sur leurs terres, j'ai eu du mal à leur rendre visite dans un environnement qui leur est aussi étranger que celui des camps. Ils n'ont rien à faire et vivent des rations d'aliments et d'eau qui leur sont fournies par l'Etat. Faute de pouvoir chasser, les hommes s'ennuient et sont déprimés. Coupés de tout ce qui a un sens pour eux, les San ont perdu leur autonomie. [...]
    En parlant avec des enfants, j'ai découvert en outre que l'enseignement ne leur était pas dispensé dans leur langue maternelle : ils se sentent perdus et malheureux dans cette école où
    on ne leur enseigne pas leur propre histoire. »

    Fiona Watson

    (1) ou 'Bosjesmans', nom donné par les européens et dérivé de l'anglais 'bushmen' : littéralement 'hommes de la brousse'
    (2) nom qu'ils se donnent eux-mêmes


    Malgré les dires du gouvernement botswanais qui prétend avoir voulu « favoriser le développement des San » en les chassant de leurs terres, tous sont convaincus que leurs véritables motivations sont les gisements de diamants, localisés près des villages Bochimans. En atteste la concession faite à une compagnie minière sud-africaine...
    Depuis 2002, la cour de justice bostwanaise a reconnu le droit ancestral des Bochimans à récupérer leurs terres. Mais, au mépris de ce verdict, tout est mis en oeuvre par les autorités pour empêcher ce retour, et aujourd'hui, rien a changé
    .

    par J.J.
    Par J.J.
    "Toi qui connais les souffrances que nous endurons ici, ne nous oublie pas dans tes prières."
    Inscription à l'entrée de l'aire d'atterissage d'Arrakeen (Archives historiques de Dar-es-Balat)
    ~ Frank Herbert, Les Hérétiques de Dune
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    Articles récents

     
    Par Eva R-sistons - Publié dans : Peuples
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    Samedi 19 avril 2008

     

     


    Bonjour

    Carter discute avec le Hamas : Je lis l'article sur nouvelobs.com, et voici où il renvoie :

     

     

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    Il renvoie au site d'Amnesty International (mais aussi à avene.fr que je vous présente dans les deux posts précédents) :



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ISRAËL ET TERRITOIRES OCCUPÉS

    État d'Israël

    Capitale: le gouvernement israélien a désigné Jérusalem comme capitale. Celle-ci n'est pas reconnue par les Nations unies; la plupart des gouvernements étrangers maintiennent leur ambassade à Tel-Aviv
    Superficie: Israël: 20770 km²; territoires occupés: 7630 km²
    Population: Israël: 6,8 millions; territoires occupés: 3,8 millions
    Chef de l'État: Moshe Katzav
    Chef du gouvernement: Ariel Sharon, remplacé par Ehoud Olmert le 4 janvier
    Peine de mort: abolie sauf pour crimes exceptionnels
    Cour pénale internationale: Statut de Rome signé, mais le gouvernement a déclaré qu'il ne serait pas ratifié

    Le nombre de Palestiniens tués par l'armée israélienne était trois fois plus élevé qu'en 2005 en raison de la recrudescence des violences entre Israéliens et Palestiniens. Le nombre d'Israéliens tués par des groupes armés palestiniens a diminué de moitié. Plus de 650 Palestiniens, dont environ 120 enfants, et 27 Israéliens ont ainsi trouvé la mort. Les forces israéliennes ont soumis la bande de Gaza à des bombardements aériens et à des tirs d'artillerie. Israël a poursuivi l'expansion des colonies illégales et la construction du mur/barrière de 700 kilomètres sur des terres palestiniennes à l'intérieur de la Cisjordanie occupée. Les barrages installés par l'armée et les restrictions croissantes imposées par Israël à la liberté de mouvement des Palestiniens, ainsi que la confiscation par Israël des droits de douane collectés au nom de l'Autorité palestinienne, ont provoqué une détérioration importante des conditions de vie des Palestiniens des territoires occupés. La pauvreté, la dépendance à l'égard de l'aide alimentaire, les problèmes de santé et le chômage ont atteint un niveau critique. Des soldats et des colons israéliens ont commis des violations graves des droits humains de Palestiniens, notamment des homicides illégaux, généralement en toute impunité. Des milliers de Palestiniens soupçonnés d'infractions liées à la sécurité ont été arrêtés par l'armée israélienne dans l'ensemble des territoires occupés; plusieurs centaines ont été maintenus en détention administrative. Comme les années précédentes, des objecteurs de conscience israéliens qui refusaient d'accomplir leur service militaire ont été emprisonnés. L'armée israélienne a commis des violations graves du droit international humanitaire, y compris des crimes de guerre, au cours de la guerre de trente-quatre jours qu'elle a menée en juillet et en août contre le Hezbollah au Liban. Près de 1200 personnes ont trouvé la mort à la suite des bombardements israéliens qui ont également détruit, en totalité ou en partie, des dizaines de milliers d'habitations et d'autres éléments d'infrastructure civils. L'armée israélienne a laissé dans le sud du Liban près d'un million de bombes à sous-munitions qui n'ont pas explosé et qui ont continué de tuer et de mutiler des civils après la fin des combats.

    Contexte

    Ehoud Olmert, qui assumait les fonctions de Premier ministre depuis la grave attaque cérébrale subie par Ariel Sharon en janvier, a occupé officiellement ce poste en avril. Avant les élections législatives de mars, il avait annoncé son intention de mettre en oeuvre unilatéralement un plan de « convergence » aux termes duquel Israël devait annexer des terres palestiniennes situées à l'est du mur/barrière de 700 kilomètres en cours de construction à l'intérieur de la Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, et garder le contrôle de la vallée du Jourdain et de la frontière avec la Jordanie. Ce plan prévoyait l'annexion par Israël d'environ 12 p. cent de la Cisjordanie occupée, et notamment des territoires des principales implantations israéliennes, où vivent plus de 80 p. cent des colons. Les relations entre le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne se sont dégradées après la victoire du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) aux élections législatives qui ont eu lieu en janvier dans les territoires occupés. Les autorités israéliennes n'avaient pas de relations officielles avec le gouvernement du Hamas, mais elles maintenaient des contacts avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ainsi qu'avec son parti, le Fatah.

    Le conflit entre le Hezbollah et Israël

    Le 12 juillet, l'aile militaire du Hezbollah a pénétré en Israël pour attaquer une patrouille israélienne, tuant trois soldats israéliens et en capturant deux autres, ce qui a déclenché une guerre de trente-quatre jours. L'armée israélienne a engagé contre le Liban des raids aériens et des tirs d'artillerie qui ont provoqué la mort de près de 1200 personnes, dont plusieurs centaines d'enfants. Elle a également détruit des dizaines de milliers d'habitations et de locaux commerciaux, essentiellement dans le sud du Liban et dans la banlieue de Beyrouth. En outre, elle a visé et endommagé des routes importantes et des ponts dans tout le pays. Le Hezbollah a tiré sur Israël des roquettes qui ont tué 43 civils et endommagé des centaines de bâtiments.

    Au cours de ce conflit, l'armée israélienne a commis de graves violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits humains, y compris des crimes de guerre. Les forces armées israéliennes ont en particulier mené des attaques aveugles et disproportionnées de grande ampleur. Elles auraient aussi visé directement des infrastructures civiles, avec l'objectif non seulement d'amoindrir les capacités militaires du Hezbollah, mais aussi d'infliger au peuple libanais une sorte de punition collective et d'amener ainsi la population et le gouvernement du pays à se retourner contre le Hezbollah.

    Au moins six Libanais, pour la plupart des combattants avérés ou présumés du Hezbollah, étaient détenus en Israël à la fin de l'année. Le Hezbollah n'a fourni aucune information sur le sort ni sur la situation des deux soldats israéliens qu'il avait capturés. Les deux camps menaient apparemment des négociations indirectes en vue d'un échange de prisonniers. Les autorités israéliennes ont suspendu la possibilité pour les délégués du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de se rendre auprès des prisonniers qu'elles détenaient après que le Hezbollah eut refusé d'autoriser le CICR à rencontrer les deux soldats israéliens.

    Durant les derniers jours du conflit et alors qu'un accord était intervenu sur les conditions du cessez-le-feu, Israël a largué dans le sud du Liban des centaines de milliers de bombes à sous-munitions contenant quelque quatre millions de petites bombes. À la fin de l'année, environ 200 personnes, dont plusieurs dizaines d'enfants, avaient été tuées ou blessées par ces petites bombes ou par des mines récemment posées. Malgré des demandes répétées, Israël n'a pas fourni aux organes des Nations unies chargés du déminage les cartes détaillées des zones sur lesquelles les bombes à sous-munitions avaient été larguées.

    Palestiniens tués

    L'armée israélienne a lancé de nombreux bombardements aériens et d'artillerie contre la bande de Gaza, visant souvent des camps de réfugiés et des zones d'habitation densément peuplés. Quelque 650 Palestiniens, dont la moitié étaient des civils non armés, ont été tués par des soldats israéliens; environ 130 enfants figuraient parmi les victimes. Le nombre des morts était trois fois plus élevé que l'année précédente. Le 27 juin, l'armée israélienne a lancé l'opération Pluie d'été à la suite d'une attaque menée deux jours plus tôt par des membres de groupes armés palestiniens contre un poste militaire à l'intérieur d'Israël. Au cours de celle-ci, deux soldats israéliens ont été tués et un troisième, le caporal Gilad Shalit, a été capturé. Les attaques israéliennes ont donc fortement augmenté par rapport aux mois précédents, pourtant déjà marqués par des homicides de Palestiniens, des tirs d'artillerie et des bombardements aériens contre la bande de Gaza et la Cisjordanie.

    •  Le 9 juin, sept membres de la famille Ghalia - cinq enfants et leurs parents - ont été tués et une trentaine d'autres civils ont été blessés par des obus israéliens tirés sur une plage bondée du nord de la bande de Gaza, où de nombreuses familles palestiniennes étaient venues profiter du premier week-end des vacances scolaires. L'armée israélienne a nié toute responsabilité dans ces homicides, sans fournir aucune explication.

    •  À l'aube du 8 novembre, 18 membres de la famille Athamna ont été tués et plusieurs dizaines d'autres civils ont été blessés par une salve de tirs d'artillerie qui a atteint leurs maisons dans un quartier très peuplé de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza. Les victimes, parmi lesquelles figuraient huit enfants, ont été tuées dans leur sommeil ou alors qu'elles tentaient de fuir le bombardement, qui a duré une trentaine de minutes. Une douzaine d'obus sont tombés dans le quartier. Les autorités israéliennes ont exprimé leurs regrets, affirmant que les maisons avaient été touchées par erreur en raison d'une défaillance technique. Elles ont toutefois refusé toute enquête internationale. Cette attaque a eu lieu au lendemain de l'opération Nuages d'automne, une incursion de l'armée israélienne dans la ville de Beit Hanoun qui a duré six jours et au cours de laquelle quelque 70 Palestiniens ont été tués. Des enfants et deux ambulanciers bénévoles figuraient parmi les victimes, et la moitié au moins étaient des civils non armés. Plus de 200 personnes, dont de très nombreux enfants, ont également été blessés.

    La plupart des Palestiniens tués se trouvaient dans la bande de Gaza, mais de très nombreuses personnes ont également trouvé la mort en Cisjordanie.

    •  Akaber Abd al Rahman Ezzat Zayed, une petite fille de huit ans, a été tuée par des membres des forces spéciales israéliennes qui ont ouvert le feu sur la voiture qui l'emmenait à l'hôpital avec son oncle, lequel a été grièvement blessé.

    L'attaque s'est produite le 17 mars dans le village de Yamun, à proximité de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie.

    •  Le 19 décembre, Duaa Nasser Abdelkader, quatorze ans, a été abattue par des soldats israéliens alors qu'elle s'approchait du mur/barrière avec une amie, non loin du village de Faraoun, dans le nord de la Cisjordanie.

    Cette année encore, l'armée israélienne a assassiné des Palestiniens recherchés, tuant et blessant en même temps des personnes qui se trouvaient par hasard sur les lieux.

    •  Neuf membres de la famille Abu Salmiya ont trouvé la mort lorsqu'un avion de combat israélien F-16 a bombardé leur maison le 12 juillet, à deux heures et demie du matin. Selon l'armée israélienne, un important dirigeant de la branche armée du Hamas se trouvait dans la maison au moment du raid, auquel il a survécu. Cette attaque a toutefois tué une famille entière: le propriétaire de la demeure, Nabil Abu Salmiya, enseignant à l'université et responsable du Hamas, son épouse Salwa et sept de leurs enfants, tous âgés de moins de dix-huit ans. Plusieurs autres maisons ont été endommagées et des dizaines de voisins de la famille ont été blessés.

    Attaques perpétrées par des groupes armés palestiniens

    Cette année encore, des Israéliens ont été tués par des groupes armés palestiniens mais le nombre de morts, qui avait diminué de moitié par rapport à 2005, était le plus bas depuis le déclenchement de l'Intifada, en 2000. Vingt et un civils israéliens, dont un enfant, et six soldats ont été tués dans des attaques palestiniennes perpétrées en Israël et dans les territoires occupés.

    •  Onze civils israéliens ont été tués et 68 autres blessés lors d'un attentat-suicide perpétré le 17 avril dans la vieille gare routière de Tel-Aviv. Il a été revendiqué par la branche armée du Djihad islamique.

    •  Le 30 mars, un attentat-suicide a coûté la vie à quatre civils israéliens, dont un adolescent de seize ans, à proximité de l'entrée de la colonie israélienne de Kedumim, dans le nord de la Cisjordanie.

    Les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza ont intensifié les tirs de roquettes artisanales Qassam en direction du sud d'Israël. La plupart de ces tirs aveugles n'ont pas fait de victimes, mais deux civils israéliens, Fatima Slutzker et Yaakuv Yaakobov, ont cependant été tués lors d'attaques séparées contre Sderot en novembre; plusieurs autres ont été blessés.

    Attaques perpétrées par des colons israéliens

    Les colons israéliens en Cisjordanie ont régulièrement attaqué des Palestiniens et leurs biens, ainsi que des défenseurs des droits humains et des militants pacifistes étrangers qui s'efforçaient de recueillir des informations sur leurs attaques. Certaines de ces agressions ont eu lieu pendant la récolte des olives, en octobre et en novembre: des colons ont tenté d'empêcher des fermiers palestiniens d'accéder à leurs champs situés à proximité de colonies israéliennes. En juin, la Cour suprême israélienne a rendu un arrêt par lequel elle enjoignait à l'armée et à la police de protéger contre les attaques des colons les villageois palestiniens qui voulaient cultiver leurs terres. La fréquence de ces attaques a diminué; il y en a néanmoins eu encore plusieurs, certaines en présence des forces de sécurité israéliennes, qui ne sont pas intervenues.

    •  Dans la soirée du 25 mars, un groupe de colons s'en est pris à Abderrahman Shinneran alors qu'il dormait sous sa tente avec sa femme et ses trois enfants à Susia, un village situé dans les collines au sud d'Hébron. Lorsque son frère, Aziz, est venu à son secours, il a lui aussi été agressé et blessé.

    •  Le 18 novembre, Tove Johansson, une militante suédoise des droits humains qui accompagnait des enfants palestiniens à l'école, a été agressée par des colons au poste de contrôle de l'armée israélienne installé à proximité de la colonie de Tel Rumeida, dans la ville d'Hébron. Cette jeune femme de dix-neuf ans a été frappée avec un tesson de bouteille et blessée au visage. Des soldats israéliens déployés à un poste de contrôle voisin n'ont rien fait pour mettre fin à l'agression ni pour appréhender les responsables.

    Fonctionnement de la justice et impunité

    En décembre, la Cour suprême a rejeté une loi discriminatoire promulguée en 2005 et qui ne reconnaissait pas aux Palestiniens victimes de violences infligées par les forces israéliennes le droit d'obtenir réparation. Toutefois, les soldats et colons israéliens responsables d'homicides illégaux, de mauvais traitements et d'autres atteintes aux droits fondamentaux des Palestiniens ainsi que d'attaques contre leurs biens bénéficiaient généralement de l'impunité. Les enquêtes et les poursuites étaient rares et n'avaient généralement lieu que dans les cas où ces agissements étaient dénoncés par des organisations de défense des droits humains et par les médias. En revanche, Israël utilisait toute une série de moyens - assassinats, sévices physiques et sanctions collectives, entre autres actes constituant des violations du droit international - contre les Palestiniens responsables d'attaques visant des Israéliens ou soupçonnés de participation directe ou indirecte à de tels actes. Les Palestiniens déclarés coupables d'attaques contre des Israéliens étaient généralement condamnés à la réclusion à perpétuité par des tribunaux militaires israéliens. Dans les cas exceptionnels où des Israéliens étaient déclarés coupables d'homicide ou d'autres violences contre des Palestiniens, ils se voyaient infliger une peine légère.

    Des milliers de Palestiniens, dont de très nombreux enfants, ont été arrêtés par l'armée israélienne. Beaucoup ont été interpellés au cours d'opérations militaires dans la bande de Gaza. La majorité d'entre eux ont été remis en liberté sans que des poursuites soient engagées, mais des centaines ont été inculpés d'infractions liées à la sécurité. C'était notamment le cas de plusieurs dizaines de ministres et de parlementaires du Hamas arrêtés après la capture, en juin, d'un soldat israélien par des hommes armés palestiniens; le but de ces arrestations était manifestement d'exercer des pressions en vue d'obtenir la libération du soldat.

    Bien souvent, les procès de Palestiniens qui se déroulaient devant des tribunaux militaires ne respectaient pas les normes d'équité internationalement reconnues. Les allégations de torture et de mauvais traitements infligés à des prisonniers palestiniens ne faisaient pas l'objet d'enquêtes sérieuses. Plusieurs centaines de Palestiniens ont été maintenus en détention administrative sans inculpation ni jugement; plus de 700 n'avaient pas recouvré la liberté à la fin de l'année. Les visites étaient fortement limitées pour environ 10000 Palestiniens retenus prisonniers, leurs proches se voyant souvent refuser un permis de visite.

    Emprisonnement d'objecteurs de conscience

    Plusieurs Israéliens et Israéliennes qui refusaient d'accomplir leur service militaire parce qu'ils étaient opposés à l'occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est ont été condamnés à des peines allant jusqu'à quatre mois d'emprisonnement. Ils ont été considérés comme des prisonniers d'opinion.

    •  Uri Natan, dix-huit ans, a purgé huit peines d'emprisonnement consécutives d'un total de cinq mois. Objecteur de conscience, il s'opposait à l'occupation des territoires palestiniens par l'armée israélienne et refusait d'accomplir son service militaire.

    Violations des droits économiques et sociaux

    Israël a poursuivi l'expansion des colonies illégales et accéléré la construction du mur/barrière de 700 kilomètres, dont 80 p. cent du tracé se situe dans la Cisjordanie occupée, y compris à l'intérieur et autour de Jérusalem-Est. De vastes étendues de terres palestiniennes ont été saisies pour permettre son édification. Le mur/barrière et plus de 500 postes et barrages de l'armée israélienne dans toute la Cisjordanie cantonnaient de plus en plus les Palestiniens dans des enclaves et les empêchaient de se déplacer entre les villes et les villages des territoires occupés. Beaucoup d'entre eux étaient coupés de leurs terres, qui constituaient leur principal moyen de subsistance. D'autres ne pouvaient plus se rendre librement sur leur lieu de travail ou dans leur établissement scolaire et n'avaient pas accès aux soins médicaux, entre autres services essentiels.

    De nouvelles mesures discriminatoires ont été imposées pour surveiller le respect du système de postes de contrôle et de routes séparées pour les Israéliens et les Palestiniens. En novembre, l'armée israélienne a émis une ordonnance interdisant aux Israéliens d'utiliser leurs véhicules pour transporter des Palestiniens en Cisjordanie, où de nombreuses routes sont, en totalité ou en partie, réservées aux Israéliens - pour l'essentiel les 450000 colons qui y vivent. Le point de passage de Rafah vers l'Égypte, seule voie d'accès au monde extérieur pour les 1,5 million de Palestiniens de la bande de Gaza, a été fermé par les autorités israéliennes, entièrement ou partiellement, durant presque toute l'année. Le transport des marchandises a également été limité par les fermetures répétées et prolongées du point de passage de Karni, le seul autorisé par Israël.

    Les conséquences des bouclages prolongés et des restrictions à la liberté de mouvement ont été aggravées en raison de la retenue par Israël des droits de douane collectés au nom de l'Autorité palestinienne; ceux-ci s'élèvent à environ 40 millions d'euros par mois, soit la moitié du budget de fonctionnement de l'Autorité palestinienne. La situation humanitaire dans les territoires occupés a connu une détérioration sans précédent, marquée par une augmentation dans la population palestinienne de l'extrême pauvreté, de la dépendance à l'égard de l'aide alimentaire, du chômage et de la malnutrition, entre autres problèmes de santé.

    La destruction des infrastructures palestiniennes par l'armée israélienne a entraîné des dommages à long terme et créé de nouveaux problèmes sur le plan humanitaire. Le bombardement, en juin, de la seule centrale électrique de la bande de Gaza, qui fournissait de l'électricité à la moitié des habitants de la région, ainsi que la destruction par Israël de ponts, de routes, de canalisations d'eau et de réseaux d'assainissement, ont privé la population d'électricité la majeure partie de la journée durant les mois les plus chauds de l'année et perturbé la distribution de l'eau. L'armée israélienne a également bombardé les locaux de plusieurs ministères de l'Autorité palestinienne dans la bande de Gaza ainsi que des bâtiments abritant des organisations caritatives et des institutions qui seraient liées au Hamas. Ces raids aériens ont aussi détruit, en totalité ou en partie, de nombreuses habitations, privant de toit des centaines de Palestiniens.

    D'autres Palestiniens se sont retrouvés sans logement en Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est, après que leur maison eut été passée au bulldozer parce qu'elle avait été construite sans autorisation. Exigés par les autorités israéliennes, ces permis de construire sont impossibles à obtenir dans cette zone pour les Palestiniens. Le même motif a été invoqué pour justifier la destruction de dizaines de maisons appartenant à des Arabes israéliens dans des villages bédouins non reconnus dans le sud d'Israël, que les autorités ont l'intention de faire disparaître.

    Visites d'Amnesty International

    Des délégués d'Amnesty International se sont rendus en Israël et dans les territoires occupés en avril, mai, août, septembre, novembre et décembre. Une délégation conduite par la secrétaire générale de l'organisation a rencontré, en décembre, des responsables des gouvernements israélien et palestinien. La secrétaire générale a exprimé sa préoccupation à propos de la détérioration de la situation des droits humains et elle a prié les autorités de prendre des mesures concrètes pour mettre un terme à l'impunité et aux atteintes persistantes aux droits fondamentaux. Par ailleurs, Amnesty International a réclamé l'ouverture d'enquêtes sur les violations des droits humains commises durant la guerre entre Israël et le Hezbollah et l'octroi de réparations aux victimes.

    Autres documents d'Amnesty International

    •   Israël-Liban. Des attaques disproportionnées: les civils, premières victimes de la guerre (MDE 02/033/2006).

    •   Israël et territoires occupés. Note au Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (janvier 2006) (MDE 15/002/2006).

    •   Israël et Liban. Israël et le Hezbollah doivent épargner les civils. Obligations découlant du droit international humanitaire pour les parties au conflit en Israël et au Liban (MDE 15/070/2006).

    •   Israël et territoires occupés. L'impasse (MDE 15/093/2006).

    •   Israël / Liban. Destructions délibérées ou « dommages collatéraux »? Les attaques israéliennes contre les infrastructures civiles (MDE 18/007/2006).

     

     

     

    Mots clés : Moyen Orient et Afrique du Nord , Israël et territoires occupés , conflit , droits économiques, sociaux et culturels , meurtres, tuerie

     

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    POUR LA LIBERTE, SANS LA PEUR

     

    Le 10 décembre 2006, alors que le monde entier célébrait la Journée internationale des droits de l'homme, je me trouvais à Jayyous, en Cisjordanie. Ce village est désormais traversé par ce que l'on appelle le mur, qui consiste, dans ce cas précis, en une haute barrière de métal. Construit au mépris du droit international et dans le but proclamé de rendre Israël plus sûr, le mur a eu pour principal effet, ici, de séparer la population palestinienne de ses terres plantées d'agrumes et d'oliviers. Autrefois prospère, cette bourgade agricole souffre désormais de la pauvreté  (suite à

    http://thereport.amnesty.org/fra/Freedom-from-fear

     

    ÉTAT DES RATIFICATIONS DE CERTAINS TRAITÉS RELATIFS AUX DROITS HUMAINS

     

    (au 31 décembre 2006)

     

    Les pays qui ont ratifié un traité ou qui y ont adhéré sont parties au traité et donc tenus d'en respecter les dispositions. Ceux qui ont signé un traité sans l'avoir ratifié ont signifié leur intention de devenir parties à une date ultérieure ; ils ne peuvent par conséquent commettre d'actes qui iraient à l'encontre de ce traité. (suite à


    http://thereport.amnesty.org/fra/Human-rights-treaties

     

    Amnesty International en bref

     

    Amnesty International est un mouvement mondial composé de personnes qui œuvrent pour le respect et la protection des droits internationalement reconnus de l’être humain.

     

    La vision d’Amnesty International est celle d’un monde où chacun peut se prévaloir de tous les droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans d’autres textes internationaux.

     

    Afin de poursuivre cet idéal, Amnesty International mène de front sa mission de recherche et d’action dans le but de prévenir et de faire cesser les graves atteintes aux droits humains, quels qu’ils soient – civils, politiques, sociaux, culturels ou économiques. Tous les droits sont indivisibles, de la liberté d’expression et d’association à l’intégrité physique et mentale, de la protection contre les discriminations au droit au logement.

     

    Amnesty International compte 2,2 millions de membres et de sympathisants dans plus de 150 pays et territoires. Essentiellement financée par ses membres et par les dons de particuliers, elle est indépendante de tout gouvernement, de toute tendance politique, de toute puissance économique et de toute croyance religieuse.Elle ne cherche à obtenir ni n’accepte aucune subvention d’aucun gouvernement pour mener à bien ses recherches et ses campagnes.

    Amnesty International est un mouvement démocratique.Les principales décisions (suite à

    http://thereport.amnesty.org/fra/About-Amnesty-International


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