• Aline de Diéguez

     

    Coup de coeur pour cette femme extraordinaire,

    voyez d'abord l'un de ses articles,

    la description qu'elle fait de l'entité sioniste Israël,

    puis les liens vers ses écrits magistraux, "aux sources du chaos mondial", entre autres

    enfin découvrez son mari, philosophe très engagé notamment pour la cause palestinienne

    eva R-sistons (pseudo de chantal dupille)

     

    Aline de Diéguez : «Le boom démographique palestinien affole les Israéliens» (III)

     
    Les enfants, cible privilégiée d'Israël. D. R.
    Les enfants, cible privilégiée d'Israël. D. R.

    Dans votre analyse intitulée La légende dorée du sionisme, vous avez prédit la chute de l'Etat sioniste, comme toute idéologie politique ou religieuse à travers le monde. Quelles sont les indicateurs qui confirmeraient le déclin de cette entité aujourd’hui hégémonique ?


    L'Histoire enseigne que seul l'échec de son entreprise bloque l'expansion impérialiste naturelle des peuples. Louis XIV a fini par perdre les provinces conquises en Helvétie et en Wallonie, Napoléon a terminé sa vie sur l'îlot de Sainte-Hélène, la révolte de son armée a mis fin à l'extraordinaire épopée d'Alexandre en Asie, l’empire ottoman n’existe plus, le royaume chrétien de Jérusalem n’est plus qu’un souvenir dans les livres d’histoire, il ne reste rien de l'empire de Charles Quint, le IIIe Reich est mort, le marxisme s'est écroulé comme un château de cartes. Après l'échec de la guerre du Vietnam, l'Amérique est en passe de devoir admettre qu'elle subit le même type de déroute en Irak et en Afghanistan et que son rêve de «remodeler le Grand Moyen-Orient» est à ranger dans le magasin des accessoires. Le rêve d’un empire sioniste rejoindra le grand cimetière des éléphants politiques. Le mythe est le destin de l'actuel Etat d'Israël et sa carapace mentale, mais il est également son talon d'Achille. La véritable arme de destruction massive, la plus sophistiquée et la plus meurtrière d’une colonie de peuplement qui se veut en expansion, est l'arme des pauvres, l'arme qu'aucune bombe n'arrêtera, l'arme qui explosera dans les statistiques et dans les rues : la multiplication des bébés. C’est la botte secrète des Palestiniens. A Ghaza, la moitié de la population a moins de 18 ans. La démographie a toujours été la clé de la survie d’une nation et la condition de son développement. Le boom démographique palestinien affole Israël. Il s'amplifie malgré ses tentatives les plus sadiques de nuire à la santé des mères, de les empêcher de se soigner et même d'accoucher dignement en les bloquant volontairement à des barrages barbares. Le ventre des femmes, voilà l’ennemi, l’usine à fabriquer des terroristes. Les appels à l’immigration ne sont plus entendus. Les derniers missiles du Hamas seront encore plus dissuasifs sur les candidats potentiels. Israël ne sait pas comment désamorcer la bombe démographique palestinienne. C'est pourquoi l'apparente phase ascendante de l'expansion impériale d'Israël est trompeuse. Comme la locomotive de la Bête humaine, le train du grand rêve sioniste est lancé dans une fuite en avant désespérée.


    Verrons-nous un jour les deux peuples palestinien et israélien vivre côte à côte, en paix et en toute sécurité ?


    Comment croire que l'Etat-bourreau met la corde au cou à tout un peuple, l'affame, l'assoiffe, le pilonne, l'empêche de se soigner, de se déplacer, martyrise et terrorise ses enfants et les empêche d'étudier, l'emmure, vole l'argent de ses impôts, le soumet à l'arbitraire de colons féroces, armés et casqués comme des martiens et de policiers brutaux et sadiques aux check-points, blesse, humilie et assassine, l'Etat qui bombarde la seule centrale électrique de la région, qui déracine les merveilleux oliviers centenaires pour édifier sa muraille, l'Etat qui dévaste les vergers et les cultures d'un peuple colonisé et emprisonné, qui vole ses terres, son eau, ses ressources, qui poursuit la colonisation, écrase les maisons au bulldozer, empêche les agriculteurs de travailler, défonce les routes, détruit les infrastructures, les récoltes, ravage le port, l'aéroport, les terrains de sport et les aires de jeu, bombarde la plage, les bateaux de pêche, pilonne même les hôpitaux, les écoles et les ambulances, laisse le champ libre à ses snipers assassins, empoisonne la population de Cisjordanie à petit feu en se débarrassant de ses déchets toxiques dans les territoires palestiniens au mépris de la protection de l'environnement et des nappes phréatiques, invente chaque jour de nouvelles brimades et de nouvelles humiliations, que cet Etat-là, qui qualifie la résistance héroïque de «terrorisme», puisse un jour se métamorphoser en un voisin normal capable d’accepter gentiment à ses côtés un Etat qu’il déteste et méprise, et une population qu’il rêve de voir s’évaporer ou disparaître sous terre et dont la seule existence constitue un obstacle infranchissable à son rêve de conquête d’un empire sioniste incluant la totalité de la Palestine, le Liban, l’Irak, une partie de l’Egypte et même plus. Israël a donc tenté – et partiellement réussi pendant un certain temps – à occulter les circonstances de son installation et les massacres qui l’ont accompagnée : Deir Yassine,  Haïfa, Jaffa, Acre, Oum Al-Fahem, Al-Ramla, Al-Daouayma, Abou Shousha, Jénine, Ghaza et tant d’autres ont crié dans le désert. Alors qu'Israël se proclame menacé par des forces obscures et féroces qui voudraient «rejeter sa population à la mer», comme il dit, on voit jour après jour se produire exactement le contraire : à savoir le bulldozer israélien comprimer la population palestinienne dans un espace de plus en plus resserré et multiplier les colonies selon un plan longtemps mûri à l’avance. Les plans des trois mille logements dont Benjamin Netanyahou annonce la construction en représailles à la récente attribution par l’ONU du statut d’un Etat observateur non membre à la Palestine ne sont évidemment pas sortis d’un tiroir durant la nuit. D’autres projets de ce genre existent évidemment déjà et n’attendent que l’occasion d’être annoncés.
    Les Palestiniens sont le miroir dans lequel Israël voit son péché. La laideur de l'image que le miroir lui renvoie révolte la «belle âme» victimaire israélienne, et la pousse, tel le Dorian Gray d'Oscar Wilde, à vouloir briser ce miroir. Jamais Israël ne pardonnera aux Palestiniens les meurtres qu’il commet sur eux et tous ceux qu’il rêve de commettre. Mais comment réussir à tuer discrètement quatre millions d'individus sans susciter un scandale international et passer du stade officiel de victime à celui de bourreau alors que le statut de victime est si confortable et si rentable ? Les gouvernements israéliens successifs sont taraudés par une seule obsession : comment se débarrasser des Palestiniens. Dans l’immédiat, ils rêvent non pas de vivre à côté d’eux ou de partager un même Etat, mais de les exporter tous en Jordanie avec l’aide du grand «démocratiseur» du Moyen-Orient dont les pieds ne touchent plus terre : l’omniprésent cheikh du Qatar qui vient de démontrer ses qualités de démocrate et de connaisseur littéraire en faisant condamner à la prison à vie un poète dont il n’aime pas les vers.
    Tant qu’Israël sera relié au cordon ombilical nourricier des dollars qui coulent à flot des banques dorées américaines, son obstination et son arrogance continueront comme devant et ce ne sont pas les couinements de Paris, de Londres, de l'Union européenne et même de Washington qui bouleverseront les projets d’un Benjamin Netanyahou qui proclame fièrement que la décision de l’ONU est une «attaque contre le sionisme et contre l'Etat d'Israël qui doit nous conduire à augmenter et accélérer la mise en œuvre des plans de construction dans toutes les zones où le gouvernement a décidé de bâtir».


    Les conséquences du vote du 29 novembre…


    Il est toujours bon d’emmagasiner un avantage. Cependant, l’importance majeure de ce vote réside dans la défaite diplomatique d’Israël, qui a entraîné à sa suite celle des Etats-Unis. Un seul petit Etat européen a rejoint le camp américano-sioniste. Les microscopiques îlots du Pacifique financés par l’oncle Sam ne sont là que pour donner automatiquement cinq voix assurées à la position des Etats-Unis. Malgré un forcing acharné des ambassadeurs en poste dans toutes les capitales, le vote des Etats européens a stupéfié et déçu les pro-israéliens. «Nous avons perdu l’Europe», se lamentait le Crif français.
    «C’est toujours bon à prendre, mais ce n’est pas ça qui mettra fin à l’occupation», tel était le sentiment général des Palestiniens, échaudés par les dizaines de textes sortis des imprimeries de l’ONU et demeurés sans le moindre effet sur le terrain. Ce nouveau statut ouvre des droits nouveaux pour les Palestiniens, encore faut-il les revendiquer. La seule arme sérieuse des Palestiniens serait de ratifier le Statut de Rome et d’accéder ainsi au droit de porter plainte contre les Israéliens devant la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre commis à Ghaza, pour la construction illégale de colonies en Cisjordanie occupée ou pour le mur monstrueux édifié sur leurs terres. Mais Mahmoud Abbas a déjà annoncé qu’il n’utiliserait cette arme que pour les crimes à venir et François Hollande essaie d’atténuer le vote positif de la France en demandant aux Palestiniens de retourner à la fameuse «table» des négociations sans conditions.
    C’est donc une victoire symbolique pour la Palestine – mais les symboles sont importants. Elle remet Mahmoud Abbas en selle alors qu’il était au fond du gouffre après ses déclarations sur le non-retour des réfugiés à la télévision israélienne. On peut espérer sans trop y croire qu’il saura utiliser ce succès pour aider à rompre le criminel blocus de Ghaza et parvenir enfin à une unification de tous les mouvements palestiniens. Espérons qu’il dissoudra enfin sa milice au service de l’occupant qui traque, maltraite et emprisonne les résistants de Cisjordanie. Espérons également qu’un nouveau cycle de vingt ans de vaines «négociations» n’est pas au bout de la route.
    Si telle était l’intention de M. Abbas, les résistants de Ghaza qui viennent de payer un lourd tribut à la barbarie de l’Etat israélien, et pour la deuxième fois en quatre ans, sauront d’autant mieux faire entendre leur voix. D’ailleurs, Mme Leïla Shahid, déléguée générale de l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne, et devenue ambassadrice de Palestine depuis le 29 novembre, a déclaré, lors d’un entretien à la RTBF, que «la stratégie de la négociation avec Israël est un échec». «Nous avons commencé à négocier à Madrid en 1990, (...) on a arrêté la lutte armée, (...) et Israël nous a donné une claque», constate-t-elle. «Dites-moi à quoi ont servi les négociations pendant vingt ans ?» Si une partie d’un Fatah de Cisjordanie jusqu’alors amorphe et collaborationniste se joint aux résistants de Ghaza, l’espoir renaîtra en Palestine. Je termine ce dialogue comme je l’ai commencé avec un conseil du grand stratège chinois Sun-Tzu : «La prudence et la fermeté d’un petit nombre de gens peuvent venir à bout et dompter même une nombreuse armée.»
    Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi
    (Suite et fin)

    Commentaires

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    Le constat est toujours d'actualité. On l'a vu lors de l'agression israélienne contre les civils de ghaza, à coup de bombes et de F16. (été 2014)
    Après 51 jours, 2147 civils tués et plus de 10 000 blessés. Pendant ces 51 jours, il y a eut 1147 nouveaux nés. Ces nouveaux nés apprendront de la bouche de leurs mères qu'ils sont nés pendant que les sionistes bombardaient leur cité.
    Beaucoup parmi ces nouveaux nés feront partie des futures kataeb d'Al Qassem et de Sarayete al Qods.

    Dans 10 ou 20 ans, l'industrie des pampers aura progressé au grand confort des soldats de tsahel. Les missiles du hamas aussi, seront plus sophistiqués.

     

    ARRÊTEZ VOS CONSEILS DE SALON ET D'INCITER LE PEUPLE PALESTINIEN A SA DERNIÈRE CATASTROPHE.

     

    CETTE GRANDE DAME SEMBLE CONNAITRE AUSSI BIEN L ÂME JUIVE QUE
    LE GÉNIE SATANIQUE SIONISTE; SON ANALYSE BASÉE SUR LES FONDEMENTS IDÉOLOGIQUES POLITICO-RELIGIEUX DE L ÉTAT
    D ISRAËL DÉMONTRE AVEC CLARTÉ CETTE AMBIVALENCE ENTRETENUE PAR
    L ÉTAT HÉBREUX SE DISANT DÉMOCRATIQUE ET BÉNI PAR LA DOXA OCCIDENTALE VOIR; L EXEMPLE DU SEUL ÉTAT MODERNE DANS LA RÉGION CETTE ENTITÉ RACISTE IMPLANTÉE AU MOYEN ORIENT A CONSTRUIT DANS CE LIEU, BERCEAU DES RELIGIONS DES STRATÉGIES DESTRUCTIVES AIDÉE EN CELA PAR DES PUISSANCES IMPÉRIALES EN MAL DE DOMINATION ET LES MONARCHIES ARABES DÉCADENTES IMPLANTÉES ELLES AUSSI AU LENDEMAIN DE LA 2° GUERRE MONDIALE
    DANS LE BUT ET AU MÊME TITRE QU ISRAËL POUR PROTÉGER LES INTÉRÊTS STRATÉGIQUES DE L OCCIDENT PRÉDATEUR.JE PARTAGE ENTIÈREMENT LA CONCLUSION D ALINE DE DIEGUEZ ET SOUSCRIT A LA
    DÉMARCHE DE CONTINUER LA LUTTE HÉROÏQUE DU GRAND PEUPLE PALESTINIEN MAIS AVEC DE NOUVEAUX LEADER DE LA GÉNÉRATION MONTANTE SANS MECHAEL ET ABBÉS ET LEURS COMPLICES QUI DEPUIS OSLO ONT ENTAMES DES LUTTES RÉGRESSIVES.

    http://www.algeriepatriotique.com/article/aline-de-dieguez-le-boom-demographique-palestinien-affole-les-israeliens-iii

     

    Aline de Diéguez

    AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

    " La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. " ( Edward Mandell HOUSE )

     

     

     

    1ère Partie :Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza

    - Il était une fois la Mondialisation ... Vue d'ensemble sur la nouvelle religion planétaire
    - Le culte du Veau d'Or et la Mondialisation
    - La "main invisible du marché" - Une histoire de "bulles", de "subprimes", de "monolines" et autres merveilles de la "finance structurée"
    - Premiers pas sur les traces du Roi-Dollar
    - Voyage circummonétaire à la recherche du Roi-Dollar et découverte de la caverne d'Ali-Baba
    - Aux sources de l'escroquerie de la Réserve Fédérale - Le machiavélisme des hécatonchires de la finance internationale
    - Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza : Le rôle d'une éminence grise: le Colonel House
    - L'agonie du Dieu-Dollar
    - L'usure, axe central de l'histoire de l'Occident, 22 janvier 2013
    - Evolution foudroyante du système bancaire mondial: Du gangstérisme à la truanderie , 3 avril 2013

     

    2ème Partie : Aux sources du sionisme

    - 1 - La Bible et l'invention de l'histoire d'Israël , 5 mars 2010
    -2 - L'invention du "peuple élu" et de la "Terre Promise", 30 mars 2010
    -3 - Israël, du mythe à l'histoire, 27 août 2010
    - 4 - Comment le cerveau d'un peuple est devenu un bunker, 3 novembre 2010
    - 5 - La théocratie ethnique dans le chaudron de l'histoire, 3 janvier 2011
    - 6 - Le messianisme biblique à l'assaut de la Palestine, 3 mai 2011
    - 7 - Le grand théâtre de la "démocratie" sioniste , 23 juin 2011
    - 8 - La légende dorée du sionisme, 25 octobre 2011
    - 9 - L'oignon sioniste et le bernard-l'hermite, 1er décembre 2011
    - 10 - La chimère du "Grand Israël", 18 janvier 2012
    - 11 - "Nous sommes un peuple...", 14 mars 2012
    - 12 - Petite généalogie du ghetto appelé Israël, 29 juin2012
    - 13
    - Et les Kazars entrèrent dans l'histoire..., 18 septembre 2012
    - 14 - La guerre des dieux, 30 octobre 2012
    - 15 - L'usure, axe central de l'histoire de l'Occident , 23 janvier 2013
    - 16 - Khazarland, Yiddishland, Sionistan , 28 juin 2014

    3ème Partie : Ultime remontée du courant : De l'East India Company à l'empire des Rothschild …et retour au camp de concentration de Gaza.

     

     

    mise à jour le 28 juin 2014

     

    Aline - Mariali de Diéguez

    Aux sources du chaos mondial actuel

    Interludes
    Comment j'ai perdu la moitié de ma dernière courgette
    Dieu par lui-même ou Le Pouvoir dans ses oeuvres

    Les Aventures mirobolantes de l'Empereur Picrochole
    au Pays des Mille et Une Nuits

    Chroniques de la Palestine occupée

    Odyssées intergalactiques

    ... et autres textes

    http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/

     

    Quelques-uns de ses articles :

    15.09.15 : Dieu par lui-même ou Le Pouvoir de ses œuvres
    - 08.08.14 : Les loups sont entrés dans Gaza
    - 02.10.13 : Il était une fois Picrocholand...
    - 03.04.13 : Evolution foudroyante du système bancaire mondial ...
    - 26.02.13 : A propos de "Django Unchained" de Quentin Tarentino
    - 16.12.12 : Un enfant est mort...
    - 10.12.12 : Israël vit dans les vapeurs d'un rêve messianique
    - 20.11.12 : Pourquoi l'Amérique soutient l'Etat sioniste envers et contre tout
    - 18.09.12 : Et les Kazars entrèrent dans l'histoire ...
    - 29.06.12 : Petite généalogie du ghetto appelé "Israël"
    - 14.03.12 : "Nous sommes un peuple..."
    - 18.01.12 : La chimère du "Grand Israël"
    - 28.12.11 : Gaza, 3 ans après Hommage aux enfants palestiniens et à l'héroïque ...
    - 25.10.11 : La légende dorée du sionisme
    - 22.08.11 : Quelle est la bonne distance pour comprendre les évènements de Syrie ?
    - 23.06.11 : Le grand théâtre de la "démocratie" sioniste
    - 03.05.11 : Le messianisme biblique à l'assaut de la Palestine
    - 22.03.11 : David Grün, allias Ben Gourion, et la naissance de l'Etat juif
    - 08.03.11 : Aline de Diéguez. Le sionisme, une chutzpah cosmique
    - 03.01.11 : La théocratie ethnique dans le chaudron de l'histoire
    - 27.12.10 : Hommage à l'indomptable peuple de Gaza
    - 02.11.10 : Comment le cerveau d'un peuple est devenu un bunker

     

         .

    http://dieguez-philosophe.com/

     

    III - L'avenir intellectuel et politique de l'Europe face à l'Empire américain

    LA CLASSE DIRIGEANTE DES ETATS-VASSAUX, Cinq lettres ouvertes à M Jacques Myard, Député de la nation, Président du Cercle Nation et République

    V - La chute du rêve européen dans l'immoralité économique et dans l'humiliation des nations , 17 juillet 2015
    IV - Pour un droit international rationnel , 10 juillet 2015
    III - Demain, le patriotisme, 3 juillet 2015
    II - Le continent européen en apprentissage de sa servitude , 26 juin 2015
    I - Qu'estce qu'une nation ? 19 juin 2015 (Section Décodage anthropologique de l'histoire contemporaine)

     

    10 - La France et sa cervelle , 13 mars 2015
    11 - L'abaissement des peuples, 20 mars 2015
    12 - L'Europe des rats et des ragondins , 27 mars 2015
    13 - L'humiliation et la honte de l'Europe américaine, 3 avril 2015
    14 - La République des peureux et des tremblants

     

    La vassalisation américaine de l'Europe est-elle réversible ? V
    - 15.05.15 : La vassalisation américaine de l'Europe est-elle réversible ? IV
    - 08.05.15 : La vassalisation américaine de l'Europe est-elle réversible ? - III
    - 01.05.15 : La vassalisation américaine de l'Europe est-elle réversible ? - II
    - 24.04.15 : La vassalisation américaine de l'Europe est-elle réversible ?

     

     

    L'Europe des vassaux (III)
    - 04.09.15 : Prosopopée de la France (II)
    - 27.08.15 : Regards sur la vassalisation de la France (I)
    - 24.07.15 : La France, la Crimée et le droit international
    - 17.07.15 : La classe dirigeante des Etats-vassaux. V - La chute du rêve européen ...
    - 10.07.15 : La classe dirigeante des Etats-vassaux. IV - Pour un droit international ...
    - 03.07.15 : La classe dirigeante des Etats-vassaux. III - Demain, le patriotisme
    - 26.06.15 : La classe dirigeante des Etats-vassaux. II - Le continent européen ...
    - 19.06.15 : La classe dirigeante des Etats-vassaux. I - Qu'est-ce qu'une nation ?

     

    .

    Manuel de Diéguez — Wikipédia 

     

     

     


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  • http://www.gamekyo.com/group_article26989.html

    Coup de coeur pour :

    La complainte de l'enfant Palestinien : « Ô monde, entends mon appel ! » (VOSTFR)


    Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=1oypBIK4eTA

     

    Dans cette magnifique chanson, les enfants de Palestine prennent la parole pour adresser leur complainte émouvante et éminemment digne à l'ensemble du monde, et le rappeler à ses devoirs et à ses responsabilités. 

     

    Regardons et écoutons ces enfants auxquels l'Occupation sioniste a ôté les biens les plus précieux après la vie (car a priori,  ces petits « terroristes » ne se sont pas encore faits incinérer par le phosphore blanc « pacifique » et « démocratique » d'Israël), à savoir la paix, la sécurité et le bien-être...
     

     

    Profitons-en pour redécouvrir deux non moins magnifiques poèmes de Victor Hugo consacrés à l'enfance : 

     

     

    Venez autour de moi. Riez, chantez, courez !
    Votre œil me jettera quelques rayons dorés,
    Votre voix charmera mes heures.
    C'est la seule en ce monde où rien ne nous sourit
    Qui vienne du dehors sans troubler dans l'esprit
    Le chœur des voix intérieures ! [...]

     

     

     

    Moi, quel que soit le monde et l'homme et l'avenir,
    Soit qu'il faille oublier ou se ressouvenir,
    Que Dieu m'afflige ou me console,
    Je ne veux habiter la cité des vivants
    Que dans une maison qu'une rumeur d'enfants
    Fasse toujours vivante et folle
    .

     

     

     

    Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
    Frères, parents, amis, et mes ennemis même
    Dans le mal triomphants,
    De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
    La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
    La maison sans enfants ! 

     

                                                                                    Victor Hugo, Les Feuilles d'Automne

     

    Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

     

     

    Transcription : 

     

     

    Lorsqu’un enfant de mon pays s’exprime,

    Lorsqu’il rit aux éclats, lorsqu’il verse des larmes,

    Lorsqu’un enfant de mon pays s’exprime, lorsqu’il rit aux éclats, lorsqu’il verse des larmes,

    C’est parce qu’il a un message et qu’il veut le transmettre, et c’est ainsi que l’enfant fait entendre sa complainte :

    C’est parce qu’il a un message et qu’il veut le transmettre, et c’est ainsi que l’enfant fait entendre sa complainte :

     

    « Ô monde !...

     

    J’ai le droit...

     

    De faire entendre ma voix au monde entier ! »

     

    « Ô monde !... J’ai le droit... de faire entendre ma voix au monde entier ! »

     

    Monsieur le Professeur, Madame le Professeur,

     

    Les coups de bâton ne nous feront pas retenir la leçon...

     

    Monsieur le Professeur, Madame le Professeur, les coups de bâton ne nous feront pas retenir la leçon...

     

    Ne transformez pas mon école en une prison...

     

    Car il est bon que l’école soit comme une famille...

     

    Ne transformez pas mon école en une prison, car il est bon que l’école soit comme une famille...

     

    « Ô monde !...

     

    J’ai le droit...

     

    ...de faire entendre ma voix au monde entier ! »

     

    « Ô monde !... J’ai le droit... de faire entendre ma voix au monde entier ! »

     

    Hosanna ! Hosanna !... [cri de joie dans la liturgie chrétienne]

     

    Les enfants s'expriment...

     

    Par la violence, ils [Israël] nous imposent le silence...

     

    Alors nous chanterons avec nos yeux.

     

    Hosanna ! Hosanna !... les enfants s'expriment... Par la violence, ils [Israël] nous imposent le silence, alors nous chanterons avec nos yeux.

     

    J’ai le droit de porter mes rêves

     

    Sans que la violence ou un checkpoint ne m’en empêchent.

     

    Ils n’ont pas le droit de fouiller le rêve que je garde dans mon sac,

     

    Is n’ont pas le droit de ligoter et d’handicaper ce rêve.

     

    J’ai le droit de porter mes rêves sans que la violence ou un checkpoint ne m’en empêchent.

     

    Ils n’ont pas le droit de fouiller le rêve que je garde dans mon sac, ils n’ont pas le droit de ligoter et d’handicaper ce rêve.

     

    Venez à notre aide... Venez à notre secours...

     

    Les enfants illuminent...

     

    Les ténèbres du monde.

     

    Venez à notre aide... Venez à notre secours...

     

    Les enfants illuminent... les ténèbres du monde.

     

    Laissez-nous rêver...

     

    Laissez-nous jouer...

     

    Dans un tendre câlin...

     

    Laissez-nous être enlacés.

     

    Laissez-nous rêver... laissez-nous jouer...

     

    Dans un tendre câlin...laissez-nous être enlacés.

     

    Hala Lala Laya Hala Lala Laya

     

    Venez me prendre par la main...

     

    Ne me laissez pas tout seul...

     

    Cette vie est trop dure pour moi.

     

    « Ô monde !... J’ai le droit... de faire entendre ma voix au monde entier ! »

     

    « Ô monde !... J’ai le droit... de faire entendre ma voix au monde entier ! »

     

    J’ai le droit de vivre en sécurité.

     

     

     


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  • Coup de coeur pour cet article sur la grandeur humaine, et sur la bassesse de certains ! (eva)

    Jacques Chirac avait offert l’asile politique à Tarek Aziz

    Publié par Gilles Munier sur 9 Mai 2015, 10:09am

    Catégories : #Irak

    Jacques Chirac avait offert l’asile politique à Tarek Aziz

    Par Gilles Munier /

    Le père Benjamin et l’Irak : de Tarek Aziz au calife Ibrahim

    Dans « Irak - l’effet boomerang », son dernier livre*, le père Jean-Marie Benjamin révèle que Jacques Chirac a offert l’asile politique à Tarek Aziz, quelques mois avant l’agression américaine de l’Irak et le renversement du Président Saddam Hussein.

    En novembre 2002, approché à Rome par la DGSE le service secret français – le prêtre a accepté de transmettre le message au vice-Premier ministre irakien lors de la visite qu’il projetait de lui organiser au Vatican pour rencontrer le Pape Jean-Paul II.

    Le 14 février 2003, loin des oreilles indiscrètes dans un des parloirs de la basilique d’Assise, le père Benjamin a présenté l’invitation du gouvernement français à Tarek Aziz. Touché par le geste de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, le ministre a répondu qu’il ne pouvait accepter : « Je dois être à Bagdad, avec le peuple irakien qui va mourir sous les bombes. Je ne peux pas me sentir en sécurité alors que mon peuple sera dans la souffrance ».

    Il est certain qu’une acceptation aurait aussitôt été montée en épingle dans les médias et interprétée en désertion, mais elle aurait fait de lui quelques mois plus tard la voix écoutée de la résistance irakienne à l’étranger. Dommage, mais on ne refait pas l’histoire.

    Aujourd’hui – 12 ans plus tard - Tarek Aziz est emprisonné à Nassiriyah, dans le sud de l’Irak. Le régime de Bagdad l’y a transféré avec les anciens dirigeants irakiens, de crainte que l’Etat islamique ne les libère. Cardiaque, on se demande comment il parvient à survivre sans suivi médical sérieux. Son épouse qui a finalement pu le voir le dit très diminué. Il se déplace difficilement et est sujet à des pertes de mémoire. L’annonce faite par Nouri al-Maliki à son avocat de le libérer n’était qu’une promesse de campagne électorale, un coup médiatique pour améliorer son image.

    Pas un James Bond, mais presque…

    Jean-Marie Benjamin n’est pas un James Bond du Vatican, mais il pourrait y ressembler… C’est en tout cas un prêtre de choc. Pour ceux qui l’auraient oublié, il a été le premier occidental à violer l’embargo aérien de l’Irak, le 3 avril 2000. De 1997 à février 2003, – habillé en journaliste et cinéaste - il n’a eu de cesse d’alerter l’Italie et le monde de la tragédie humanitaire du peuple irakien et de dénoncer les effets de l’uranium appauvri utilisé par les Etats-Unis lors de la Première guerre du Golfe et pendant les 13 années de bombardements qui ont suivi.

    Assistant du cardinal Casaroli – secrétaire d’Etat du Vatican – il s’est entretenu avec Tarek Aziz à de multiples reprises, ce qui lui a permis de réaliser « Tareq Aziz-The other truth » (s/t en français), un film qui a obtenu, en 2011, le Award du meilleur documentaire au Festival de Silent River (Irvine-Los Angeles).

    « Daech peut remercier George W. Bush…»

    Le père Benjamin consacre une partie de son livre à l’émergence de l’Etat islamique. Sans les Américains, écrit-il, l’Irak ne se serait pas retrouvé dans cette situation : « Ils élaborent des stratégies invraisemblables qui échouent. Ils interviennent alors sur le terrain, bombardent, provoquent des milliers de morts et réfléchissent ensuite à ce qu’il faut faire, improvisant un nouveau scénario, pas toujours réussi ». Mis à part les opposants arrivés dans les fourgons de l’armée US, il fallait s’attendre à ce que les Irakiens résistent.

    Et, d’ajouter plus loin : « Le 10 septembre 2014, le secrétaire d’Etat John Kerry déclarait à Bagdad : « La barbarie des islamistes n’a sa place dans le monde moderne ». Des amis irakiens m’ont envoyé un message en ironisant « La barbarie américaine n’a pas non plus sa place dans le monde moderne à cet égard il faut se demander qui sont les plus barbares ; ceux qui sont occupés ou ceux qui occupent ? ».

    Un livre à lire et à méditer, notamment concernant le rôle anesthésiant joué par ce que le père Benjamin appelle les « médias de service », qu’ils soient financés par des intérêts privés ou par des officines d’Etat. Le prêtre, qui intervenait de Bagdad en direct sur la RAI, sait de quoi il parle.

    Le père Jean-Marie Benjamin, 69 ans, ancien fonctionnaire des Nations unies, a été ordonné prêtre en 1991. Il est compositeur – notamment d’opéras et de et l’hymne de l’UNICEF -, chef d’orchestre, réalisateur et producteur de films et écrivain (« Irak : l’apocalypse », et « Ce que Bush ne dit pas »).

    * « Irak : l’effet boomerang », Ed. Balland, Paris, 2015 (cf. la vidéo de présentation du livre ci-dessous)

    Photo: Jean-Marie Benjamin

    Sur le même sujet lire aussi :

    Interviews du père Jean-Marie Benjamin (Paris - avril 2015) :

    Radio Notre Dame : Le grand témoin

    Boulevard Voltaire : Les politiques occidentaux ne comprennent rien au monde arabe , par Jean-Michel Vernochet

    Vidéo de présentation du livre :


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  • Esprit du 8 mai. Je découvre Ginette et son parcours. Quelle vie intense, quel tempérament, quelle audace, quelle sincérité ! Découvrez-là, comme moi. Il existe encore de vrais résistants, mais ils sont cachés ou discrédités. Comme de Gaulle l'a été en son temps, bravant le Système ! eva R-sistons

    Ginette Skandrani, portrait d’une vraie résistante

     

    Ginette-Skandrani-600Si beaucoup se targuent publiquement d’être d’authentiques « Résistants », d’autres se contentent de résister, discrètement, sans se mettre en avant.. Ginette Skandrani fait partie assurément partie de cette deuxième catégorie de personne, celles qui, malgré un parcours brillant, ont parfois payé le prix fort pour leur engagement. Le Cercle des Volontaires a décidé de lui consacrer un portrait vidéo.

    Ginette Skandrani est née en 1938, d’une mère anarchiste et d’un père communiste qui, au moment de la Seconde Guerre Mondiale, rejoint la Résistance en devant membre des Francs-tireurs et partisans (FTP). Sa mère demeurera en Alsace, où Ginette grandira alors sous l’occupation nazie, ce qu’elle décrit comme une « époque dure ». Sa famille cache alors la grand-mère qui est d’origine tunisienne et manouche, et ce seront ses premiers actes de défiance. Leur maison est bombardée, elle raconte être obligée de se réfugier chez les voisins. Bien que sa mémoire soit assez « disparate », elle se remémore aussi sa mère, arrêtée plusieurs fois par la Gestapo, son côté rebelle à elle grandissant en conséquence. Puis vient la Libération, elle se souvient des Américains et de l’arrivée du chewing-gum.

    La guerre terminée, elle part faire ses études. C’est une très bonne élève, elle aura des facilités, du fait qu’elle parle le Français, l’Allemand et l’Alsacien couramment. À 16 ans, son père lui fait rencontrer un représentant du Parti communiste algérien, juste après le 1er novembre 1954 (début de la Révolution algérienne), qui lui raconte la situation en Algérie. Il demande la permission à son père de l’emmener au cinéma, ce dernier répond que ce n’est pas à lui de la donner, et que c’est à Ginette de décider. Elle accepte, et sur le chemin du cinéma, alors qu’il lui montre sa carte d’identité, elle remarque l’inscription « français musulman », ce qui va la révolter, et marquer le début de son combat contre le racisme et le colonialisme. « Comment je peux t’aider ? » lui demande-t-elle, et c’est ainsi qu’elle rejoindra les indépendantistes algériens.

    Elle débute alors en tant que « porteuse de valises », et selon ses propres dires, elle transportera des armes une fois au cours de ses trajets entre la frontière française, allemande et suisse. Elle se rend régulièrement au siège du Front de Libération Nationale (FLN) de Fribourg, ou de Francfort, puisque son apparence de jeune fille Alsacienne lui permet de passer la frontière en étant « inaperçue ». Durant cette période elle sera arrêtée, subira même une perquisition alors qu’elle cache chez elle un homme du FLN. C’est tout l’épisode de l’indépendance de l’Algérie que Ginette Skandrani a vécu, elle a activement participé à l’obtention de l’indépendance et elle décrit le combat anti-colonialiste qu’elle a toujours souhaité mener, elle ainsi que ses compagnons d’armes. L’un d’entre eux lui disait d’ailleurs : « Quand on aura libéré l’Algérie, on ira libérer la Palestine ! ». Lui n’a pas eu l’occasion, il est mort avant, mais elle s’engagera plus tard.

    En 1983, elle co-fonde les Verts, propulsée par sa ferme opposition à la construction récente de la centrale nucléaire de Fessenheim, à côté de chez elle. Ginette est déjà sensibilisée au nucléaire par son père, qui l’avait emmené aux manifestations contre le nucléaire en Algérie. Au Parti communiste, il avait participé et organisé de nombreux rassemblements au sujet d’Hiroshima et Nagazaki, c’est donc « normal » pour elle de s’engager. Elle s’associe aux allemands et aux alsaciens – catégorie à part pour Ginette, elle ne les considère ni comme des français, ni comme des allemands – sur le terrain de la lutte contre le nucléaire, et c’est de celle-ci que naitront les Verts. Elle prend alors la tête de la commission défense au sein du parti. Elle travaille contre les essais nucléaires dans le Pacifique, et écrit alors un livre pour dénoncer les essais menés en Algérie et en Polynésie.

    Les Verts la délègue sur le sujet de l’indépendance Kanak, dossier dont elle va s’occuper avec rigueur, aux alentours de 1988. Elle raconte, encore choquée, comment le GIGN avait massacré les Kanaks à l’époque. Elle évoque aussi le début de son conflit avec les Verts, lors de l’enterrement de Yeiwéné Yeiwéné et de Jean-Marie Tjibaou, deux résistants Kanaks assassinés. Elle souhaitait aller aux enterrements, sans souci de l’image du parti, puisque c’est avant tout son anti-colonialisme qui l’animait, et qu’elle ne désirait pas s’occuper des problèmes anti-Kanaks. C’est selon elle ce qui fait, entre autre, qu’elle aura toujours eu une réputation de radicale chez les Verts.

    En 1989, Ginette fait alors son premier voyage vers la Palestine. Elle voit alors « les camps », « la répression », la façon dont les palestiniens ont été, et sont toujours traités. Elle raconte s’être prise une balle dans le bras à Ramallah, tirée par une militaire de l’armée israélienne, et avoir vu la même militaire abattre un enfant palestinien d’une balle en pleine tête, juste à côté d’elle. Totalement révoltée par ce qu’elle vient de vivre, lorsqu’elle retourne en France elle fait un scandale à France Culture dès sa première interview, où la journaliste sera virée tellement les propos de Ginette Skandrani étaient dérangeants. « C’était l’horreur de voir comment ils vivaient » explique-t-elle. Elle s’est d’ailleurs rendue à Gaza, et a travaillé en tant que secouriste, afin d’aider les palestiniens dans un hôpital où l’on amenait les grands brûlés, ceux qui avaient été brûlés au lance-flamme nous raconte Ginette. Elle a écrit à la suite de ce séjour choquant, un livre intitulé Voyage au cœur de l’Inti Fada, qui souleva un débat chez les Verts, où elle fut d’ailleurs « horrifiée du nombre de sionistes ». Elle raconte au cours de l’interview comment son éditeur (les Verts) avait entreposé les livres sans les vendre, et comment elle a décidé un soir d’aller les dérober pour les distribuer gratuitement….

    Toujours très proche du FLP, elle a d’ailleurs rencontré Georges Habache, le fondateur du mouvement, en Tunisie, en 1967. Étant elle-même mariée à un tunisien, elle est donc considérée comme arabe, et peut adhérer au FLP. Elle milite alors, et encore aujourd’hui, pour la décolonisation de toute la Palestine, de la Méditerranée jusqu’au Jourdain, « afin de construire une terre où ils vivraient tous ensemble ». Elle refuse catégoriquement la solution de deux États l’un à côté de l’autre, une solution qu’elle ne considère tout simplement « pas viable ». « Qu’est-ce qu’il reste, il reste même pas 20% de la Palestine historique » scande-t-elle. Elle met en avant le fait que les palestiniens sont totalement démunis face à l’armement massif d’Israël, qui possède l’arme nucléaire, sans compter sur le soutien des États-Unis. « Comment est-ce qu’il vivrait ce petit État palestinien, il pourrait pas exister. Et puis la terre est palestinienne, ce sont les européens en 48 […] qui sont allés coloniser la Palestine. » Et avant qu’on puisse la taxer d’antisémitisme comme certains pourraient s’empresser de le faire, voilà ce qu’elle répond : « Le fait qu’ils soient juifs, c’est pas mon problème, [mon problème] c’est qu’ils sont européens. »

    Dès 1990, elle s’engage dans une nouvelle lutte, au moment de la première Guerre du Golfe. Elle participe à toutes les manifestations, contre la première et la seconde guerre du Golfe. Les Verts lui reprocheront à ce moment d’avoir signé un appel contre la guerre sans demander l’autorisation du parti, ce à quoi elle rétorquera qu’elle est indépendante, et peut signer ce qu’elle souhaite. Elle milite pour la levée de l’embargo, et rappelle que Mitterrand était pour la première guerre, alors que Chirac était contre la seconde. Les Verts désapprouvent à nouveau son comportement, ils réprouvent sa participation à une manifestation contre la guerre en Irak, alors qu’il y avait « des gens du FN ». Elle leur répondra alors : « Je regrette, s’il s’agit d’empêcher une guerre, j’irai manifester avec le Diable. »

    En 2003, au moment de la loi Fabius-Gayssot, Ginette pétitionne, et dénonce le fait que ce genre de lois ne s’en prennent qu’aux non-juifs qui désirent critiquer la politique d’Israël, en citant l’exemple de Roger Garaudy, condamné le 27 février 1998 pour contestation de crimes contre l’humanité et diffamation raciale, et dont les recours en justice échoueront. Au sujet de la loi Gayssot, elle déclare : « C’est une loi qui, vraiment, met à bas ce pourquoi nos parents se sont battus toute leur vie, c’est-à-dire la liberté d’expression ». Ginette Skandrani est avant tout pour le droit d’expression aux révisionnistes, et cela sans nécessairement partager leurs convictions, puisque ce qu’elle désire avant tout c’est pouvoir discuter, et débattre avec ces personnes, plutôt que de les censurer et de les mettre en prison.

    En 2006, elle sera exclue des Verts suite à un texte militant pour la décolonisation totale de la Palestine. Les Verts lui reprocheront alors, selon elle, deux choses : laisser trainer ses textes partout, c’est-à-dire sur Internet, ainsi que fréquenter des infréquentables, tels que Serge Thion, avec qui ils l’enjoignaient de cesser ses relations. Elle réplique qu’elle ne souhaite pas mettre de mur devant ses textes, et que l’amitié est la plus précieuse des valeurs qu’elle possède. Elle est donc exclue, bien que soutenue par la fédération des Corses, ou encore des Basques. Mais, Ginette explique que les Verts sont constitués de fédérations régionales, et que son exclusion est alors jugée en Ile-de-France. Malgré qu’ils n’aient pas le quota nécessaire, ils ne vont d’ailleurs pas l’exclure de manière tranchée, mais simplement « ne pas lui permettre de renouveler son adhésion. » Son non-renouvellement d’adhésion, ou exclusion, ne semble pas tellement la bouleverser, elle nous dit à ce sujet : « Moi je dirais franchement que je m’en foutais un peu, parce que je m’étais déjà salement engagé avec eux par rapport à l’Algérie où ils avaient soutenus l’arrêt du processus électoral ». Elle était à l’époque contre le fait d’exclure le mouvement islamiste d’Algérie, et elle explique comment il s’est maintenant éparpillé partout à travers le Sahel. « Si on m’avait écouté, on en serait pas là, il fallait les inclure » conclue-t-elle.

    À la suite de son exclusion des Verts, elle commence à recevoir des menaces de mort. Deux douilles lui sont envoyées par courrier, accompagnées d’un message : « la prochaine n’arrivera pas par la poste ». Elle explique ne pas avoir pris la menace au sérieux : « moi j’ai pris ça plutôt à la rigolade, parce que je suis pas du genre à m’inquiéter pour rien » avoue-t-elle. Mais un jour, elle est agressée à son domicile. Quatre hommes (dont au moins un était membre du Bétar) arrivent à s’infiltrer dans son immeuble et, munis de casques de scooters, ils frappent à sa porte et rentrent chez elle, puis la rouent de coup. « Ils voulaient me tuer » raconte-t-elle. Elle est secouru par sa petite fille, ainsi qu’un des gardes du corps de Dieudonné, qui était dans le quartier et a entendu ses cris, et ils la transportent à l’hôpital, d’où elle ressortira avec plusieurs points de sutures à l’arcade sourcilière, ainsi qu’au cuir chevelu, un traumatisme crânien, et le souvenir d’une expérience traumatisante. Leur motif reste assez flou, ils lui disent : « Tu sais pourquoi on est là ». Elle met en relation l’accusation d’antisémitisme qui planait sur elle au moment de son exclusion des Verts, et pense que ceci a largement contribué. Elle raconte que pour s’unir avec le Parti Socialiste, les Verts avaient reçu huit conditions, dont l’une d’elle était de « se débarrasser de Ginette Skandrani », et c’est ce qui signe le début de la cabale à son encontre. « De toutes façons, j’étais contre l’alliance parce que je ne voulais pas m’associer avec le parti sioniste. »

    En 2007-2009, elle s’engage aux côtés de Dieudonné dans le Parti anti-sioniste. C’est après son sketch sur France 3 qu’elle décide d’aller rencontrer l’humoriste, dès le lendemain, au théâtre de la main d’Or. Elle le connait déjà, l’ayant auparavant soutenu aux élections de Dreux, avec les Verts, contre le FN. Dès qu’ils se voient, ils sympathisent : « Dieudonné était pro-palestinien naturellement mais il ne comprenait pas la Palestine » explique-t-elle. Elle l’instruit alors sur le sujet, l’informe sur les problématiques. « Dieudonné est un de mes amis et restera un de mes amis, mais je n’ai jamais supporté Soral. […] Ce qu’il y avait avec cette liste anti-sioniste c’était quelque chose de génial, parce qu’il y avait des gens de droite, d’extrême-droite, des gens de gauche, d’extrême-gauche, il y avait des musulmans chiites et des musulmans sunnites dessus, sur cette liste, on est arrivés avec un espèce de mélange, on aurait pu en faire quelque chose s’il n’y avait pas eu Soral » nous raconte Ginette. « Soral a voulu prendre la tête, dès qu’il voit un micro, il court, il pousse tout le monde, il m’a fait tomber deux fois. […] Mais il est pas très courageux parce que quand on a fait de la distribution des tracts devant Pyrénées, quand on s’est fait attaquer par la LDJ, Soral s’est caché dans un supermarché, et nous avons vu Gouasmi qui lui, s’est mis devant les jeunes et qui s’est bagarré contre la LDJ. […] Donc Soral c’est juste une grande gueule, il n’a pas beaucoup de courage. »

    Certains résistants n’échappent pas aussi aisément à leurs ennemis, comme ce fut le cas par exemple de Kadhafi, que Ginette Skandrani a connu, et même rencontré plusieurs fois. La première fois qu’elle se rend en Libye, c’est en 1990, au moment de l’embargo. Elle prend l’avion jusqu’en Tunisie et passe ensuite par le désert pour atteindre la Libye. Ce qu’elle trouve là-bas l’émerveille, elle déclare avoir été « enchantée » par la démocratie directe qui se mettait en place en Libye. « Les gens ne payaient pas de loyer, ils avaient leur maison, ils payaient pas l’électricité, l’école était gratuite, tout était gratuit. […] Ils étaient heureux les libyens. » De 1990 jusqu’à 2013, Ginette s’est rendue une vingtaine de fois en Libye, où elle a d’ailleurs participé à de nombreux congrès, sur l’écologie, le sionisme, ou encore le pacifisme.

    Ce qui l’intéresse surtout, c’est le soutien de Kadhafi pour les mouvements indépendantistes comme les Kanaks, aux côtés desquels elle se rend en Libye. Kadhafi soutient aussi les basques, les irlandais (avec des réserves toutefoi)s, ainsi que la Palestine, un bureau du FLP étant d’ailleurs installé à Tripoli. « Comme ils avaient compris que je m’intéressais avant tout à la démocratie directe parce que j’étais anarchiste – pour moi les élections c’était des pièges à cons – et que pour moi, la démocratie directe c’était pas une démocratie parlementaire mais c’était une démocratie citoyenne, dans la rue, dans les villages, dans les villes, dans les campagnes, où les gens puissent s’exprimer sur ce qu’ils veulent. […] Et moi, j’étais entièrement d’accord avec leurs positions, donc ils m’invitaient partout ». Elle était en Libye quand les premiers américains sont arrivés. Elle tient pour responsable de leur arrivée le fils de Kadhafi, auquel elle reproche aussi d’avoir libéré les islamistes de prison. Elle décide de ne plus retourner en Libye jusqu’en mars 2013, au moment des bombardements menés par la France et par l’OTAN. Elle y emmène Dieudonné, à ses côtés, ainsi que plusieurs autres personnes.

    Elle crée une commission d’enquête pour découvrir la vérité, sur le fait qui est alors martelé en boucle dans les médias occidentaux que Kadhafi serait en train d’assassiner son peuple. En Libye, elle est même invitée à la télévision, où elle aura l’occasion de dénoncer la propagande de guerre occidentale, cela sans effet toutefois, comme elle le reconnait. « Ils voulaient la peau de Kadhafi, ils voulaient détruire la Libye, ils voulaient son pétrole. […] Ce que Kadhafi était en train de faire en Afrique, il avait financé des satellites où les africains pouvaient téléphoner d’un pays à l’autre. Avant, pour téléphoner du Sénégal au Mali il fallait qu’ils passent par New-York. […] Il voulait créer un FMI africain et il était en train de créer des banques africaines, donc c’est pour ça qu’ils l’ont tué, et pour son pétrole. » Ginette désirait finir sa vie en Libye, y prendre sa retraite, désormais ce n’est plus du tout son souhait. La dernière fois qu’elle y a été, elle a frôlé la mort dans un taxi, où elle a failli être poignardée, pour avoir été reconnue par le chauffeur comme étant une personne qui avait été vue à la télévision aux côtés de Kadhafi. « Donc moi, j’peux plus y aller ! » regrette-t-elle.

    Ginette a créé une association nommée La Pierre et l’Olivier, créée en faveur du peuple « de Palestine, parce que nous c’était toute la Palestine qu’on voulait décoloniser ». Elle anime deux blogs, La Voix de la Libye, et La Voix de la Syrie. Elle y recense toutes les infos sur la résistance, le parti vert avec les kadhafistes, et les gens des tribus dont beaucoup sont restées fidèles à Kadhafi. Elle explique d’ailleurs que la population est toujours en contact avec le fils de Kadhafi, mais qu’il y a deux gouvernements, un islamiste et un laïque, avec un mélange de gens qui ont trahis Kadhafi et d’autres pas. « C’est inimaginable ce qui se passe en Libye, c’est le chaos ». La situation est en effet assez désastreuse, un million cinq cent mille réfugiés partout en Afrique et à travers le Moyen-Orient. « Les pays africains ont perdus énormément avec Kadhafi. Les Libyens se rendent compte qu’ils ont perdus, […] ils sont ‘clochardisés’, […] ils avaient les meilleurs hôpitaux, tout, des facs ». Et Ginette conclue sur la Libye : « La Libye, c’était un pays où on vivait bien. »

    Son dernier livre, qui se découpe en trois tomes, s’intitule « Ginette la rebelle ». C’est une autobiographie que vous pourrez découvrir sur le site d’une autre association qu’elle a co-fondé avec Maria Poumier, La Plume et l’Enclume. Elle n’a pas encore trouvé d’éditeur, mais il est toutefois disponible en ligne. Ginette Skandrani revient sur ses œuvres principales : Les Assises de l’Écologie, Les Essais Nucléaires en Algérie, « un petit livre sur le cancer », ainsi que plusieurs manifestes, sur le génocide palestinien, l’esclavage, l’éradication du sionisme, ainsi qu’un manifeste sur Dieudonné écrit avec Maria Poumier.

    Le parcours d’une vie est donc souvent bien plus révélateur que les discours ou les étiquettes que l’on peut mettre sur un individu, et s’il est aisé de juger de la qualité d’une personne sur ses dires ou ses idées, il n’en demeure pas moins bien plus judicieux d’observer ses actes, et de mettre les deux en rapport. Ainsi, l’expérience que Ginette Skandrani nous rapporte n’est ni plus ni moins que celle d’une vraie résistante, toujours de toutes les luttes, et sur tous les fronts, prête à mettre sa vie et sa santé en péril pour les causes qui l’animent, en France et à travers le monde, comme elle nous le raconte plus amplement au cours de l’interview.

    Propos recueillis par Raphaël Berland
    Article rédigé par Arby

    A propos de l'auteur :

    Arby, 20 ans, autodidacte invétéré, je souhaite partager ce que j'ai accumulé par moi-même. J'ai rejoint le Cercle des Volontaires pour son sérieux ainsi que pour la diversité des opinions qui y sont diffusées.

    a écrit 8 articles sur ce site.

    http://www.cercledesvolontaires.fr/2015/05/08/portrait-d-une-vraie-resistante/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+CercleDesVolontaires+%28Cercle+des+Volontaires%29

     

    Une autre "résistante",

      

    Discours féroce de Sahra Wagenknecht au Bundestag - Mars 2015

    Ajoutée le 10 avr. 2015

    Intervention de la députée allemande Sahra Wagenknecht devant le parlement allemand le 19 mars 2015. Vice-présidente du parti de gauche allemand "Die Linke", Mme Wagenknecht est une personne dotée d'un certain franc-parler, comme vous allez le constater vous-même. Notez la présence de Mme Merkel et de M. Schauble (ministre allemand des Finances) et leurs réactions en direct au discours aussi provocant que pertinent de cette députée allemande qu'on aimerait certainement voir plus souvent en France.
    Plus d'infos sur www.ilfattoquotidiano.fr

    https://www.youtube.com/watch?v=3xbI4anc5NU

     

    et une autre "résistante", Ariane WALTER

    MM Poutine et Hollande au sujet du 9 mai à Moscou

    https://www.youtube.com/watch?v=uo8Gee4vjAE

    à faire circuler largement, hommage à la Russie et à Vladimir et honte à Hollande

     

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